Merlin
Sauvegarde et développement du répertoire pour les harmonies-fanfares et batteries-fanfares
Analyse détaillée
Rédacteur : François-Xavier Bailleul
Date : 14 décembre 2016
1. ÉLÉMENTS SIGNALÉTIQUES
Titre | Merlin |
Auteur | Fabien BATAILLE |
Date de composition | |
Éditeur | Fabien BATAILLE |
Date d’édition | |
Type de partition | Score détaillé |
Formation instrumentale | Batterie-Fanfare |
Niveau | Supérieur |
Durée | 4’15 |
Genre | Fantaisie |
2. ÉLÉMENTS D’INTERPRÉTATION
- Explication du titre Merlin, personnage légendaire commandant aux éléments naturels, est prétexte à l’emploi d’une écriture musicale innovante et moderne pour susciter l’étrange ou le mystérieux.
- Caractère de la pièce Musique descriptive
- Style de la pièce Mélange de l’écriture moderne et de forme classique
- Particularités L’harmonisation de cette pièce, sans être déroutante, utilise le chromatisme des instruments graves pour déstructurer les harmonies spécifiques des instruments naturels. L’exécution de ce texte nécessite une grande stabilité rythmique, notamment dans la partie centrale (rapide). La construction en mosaïque de la conduite mélodique (répartition à travers les pupitres) invite à l’analyse approfondie de la structure d’ensemble qui se dégage de la juxtaposition des éléments. La division multiple dans chaque pupitre (3 voix de graves par exemple) et la grande diversité des instruments du pupitre de percussions imposent de disposer d’un orchestre de batterie-fanfare complet. Le foisonnement des innovations de cette pièce vous apportera une grande satisfaction technique et le sentiment d’aborder un répertoire de haut niveau.
3. ÉLÉMENTS TECHNIQUES
Nomenclature détaillée des instruments | ||||
Instrument | Nombre de voix | Observations |
Tessiture et difficulté | |
Tutti | Solistes | |||
Clairon | 1 | / | Emploi des 3 sons principaux | Facile |
Trompette | 2 | 0 | véloce | Tessiture complète, Assez difficile |
Cor | 1 | Pas d’emploi dans le grave | Moyenne difficulté | |
Clairon basse | 1 | Emploi des 3 sons principaux | ||
Trompette basse | 1 | véloce | Tessiture complète, Assez difficile | |
Euphonium | 1 | Tessiture courte, Facile | ||
Tuba | 2 | Véloce | Tessiture complète, Difficile | |
Timbales | 3 | Difficile | ||
Claviers | 2 | Cloches tubes, glockenspiel et xylophone | Moyenne difficulté | |
Percussions | 1 | Caisse-claire | Moyennement facile | |
Accessoires | 3 | 4 toms, cymbales, tam-tam et grosse caisse | Facile |
4. PISTES DE TRAVAIL
Découpage et/ou reprise(s) | Mesure | description de chaque passage : indiquer des images permettant de dégager des éléments de travail | ||
début | fin | |||
Partie A |
1 |
8 | Les tubas exposent les éléments de la gamme pentatonique qui constitue cette partie : l’un en valeur longue et l’autre en croches répétées. Les cloches tubulaires résonnent dans le spectre aigu alors que de longues résonances de tam-tam et grosse caisse accentuent la profondeur de ce motif. La pulsation en croches du Tuba 2 est également amplifiée par l’égrenage (glockenspiel) en arpèges brisés descendants de la gamme pentatonique. Il conviendra d’obtenir une bonne continuité du soutien des valeurs longues. L’atmosphère qui se dégage est étrange et interrogative de la suite. Un discours de la caisse claire, discontinu, changeant et libre est interrompu, à intervalles réguliers (toutes les 2 mesures) par une ponctuation rythmée d’instruments à peaux dans le grave (Grosse caisse et 2 toms graves). La ponctuation des percussions doit être très en avant des autres voix et concourir au suspense dégagé dans cette séquence. | |
9 |
22 | Le climat étant installé, une mélodie harmonisée (3 voix), confiée aux instruments graves de l’orchestre (2 euphoniums, trompette basse et clairon basse), développe son dessin de façon irrégulière. On s’attachera à la plénitude des conduites de sons en accordant une présence supérieure à la voix de 1er euphonium pour son aspect mélodique. Les entrées décalées des pupitres doivent être imperceptibles. À partir de la mesure 17, telle une coda, la séquence se termine en faisant entendre les résonances de l’accord de la mesure 16, puis l’égrenage en valeur augmentée du dessin du glockenspiel aux cloches. En décalage total, un motif très rythmé et véloce des 4 toms préfigure le style de la partie suivante. |
Partie B |
23 |
35 | Sans aucune transition, un mouvement de tarentelle vif et enjoué prend place. Sur la pédale de Sib rythmée invariablement, les interventions mélodiques se succèdent : grande gamme diatonique ascendante commençant aux tubas (mesure 26) se poursuivant dans les voix supérieures (mesure 27) se répétant tel un écho (mesure28 et 29) pour se conclure sur un long accord decrescendo. Le sentiment de désinence est déstabilisé par le chromatisme du tuba qui retarde la résolution consonante de l’accord (mesure 30 et 31) tout comme la grande gamme diatonique crescendo des tubas qui réaffirme finalement la nuance fortissimo du dernier accord très court, mais enfin stable. Il est impératif dans cette période d’exagérer la conduite des nuances. Ne pas craindre de caractériser le passage ; les toms sont particulièrement expressifs. Accorder de l’espace aux graves, en valeurs longues, jouant une gamme chromatique descendante et en mouvement contraire (mesures 27, 28, 29 et 30) par l’articulation pesante sur le son. Obtenir un contraste maximum dans le decrescendo (mesures 30 et 31) pour caractériser mieux le crescendo de la mesure 34. |
36 |
55 | Après une amorce de sonnerie courte et péremptoire, la dynamique (pédale de Sib et rythme caractéristique) est entretenue sur un spectre large (de la timbale au xylophone) et accompagne une grande phrase des cloches tubulaires en carillon. Des résurgences des motifs précédents se répartissent tout au long de cette dynamique immuable (mesures 40, 41 et 42 puis 48, 49 et 50). En réponse à ces résurgences, les 4 toms spatialisent le son. Même remarque à propos des nuances. L’effet sera d’autant plus fort que le contraste de nuance sera large. Maintenir la nuance piano des mesures 52 à 54 pour accorder tout l’intérêt à la fausse relation d’octave (Réb, Ré naturel) dans l’enchaînement des accords graves. Conduire le ralenti sans excès et sans interruption avec le mouvement lent. |
Partie C |
56 |
66 | La tonalité de Sibm sera vainqueur de la lutte précédente. Cet accord, dans les graves de l’orchestre, fait mouvement vers la cadence plagale en MibM de la mesure 61. Des énoncés de l’anacrouse de la mélodie à venir se dispersent dans les voix supérieures. Les percussions réinstallent l’ambiance sombre du début. À la mesure 61, le pupitre de cor présente le dernier élément mélodique de l’œuvre, il est accompagné d’un soutien harmonique en valeurs égales (la noire) dans les parties graves de l’orchestre. Le jeu des dissonances est particulièrement subtil (retard, note de passage, appogiature…) et mérite de s’attarder pour en obtenir tout le bénéfice. Toutes les voix de l’accompagnement seront au même niveau sonore et en retrait de la luminosité du pupitre des cors. |
67 |
Fin | À trois reprises, la phrase sera interprétée (sans modification aucune de l’accompagnement harmonique) : • Une première fois à trois voix (cor, trompette et glockenspiel) avec un soutien de percussions discrètes ; • Une deuxième fois en extension vers les voix supérieures (trompette de cavalerie, clairon) avec un soutien de percussion plus caractérisé (mouvement de boléro à la caisse claire). Le final s’illumine ; • Une troisième fois en accentuant par la nuance et la doublure caisse claire / timbales, le brillant de cette péroraison. La grosse caisse ajoute une touche rythmique importante sur le 4ᵉ temps des 6 dernières mesures (la faire jouer en dehors). Le tutti général est conduit vers un fortissimo qui ne sera pas terminal. En effet, le dernier accord est conduit decrescendo (mesures 84 et 85) et fait entendre la 7ᵉ de l’euphonium pour un effet de suspension. L’accord se termine aux graves seuls (bien indiquer la terminaison des voix supérieures mesure 85), avec une ponctuation de grosse caisse sur la dernière mesure. Conduire cette tenue jusqu’à l’indication de son interruption. |